Thomas Perino

TU POURRAIS DEFINIR EN QUELQUES MOTS TA PRATIQUE  ? 

Une théorie relativiste expose que l’ensemble des informations de l’univers en 3 dimensions serait concentré sur une surface bi-dimensionnelle. « Le monde des idées » de Platon, ou « monde imaginale » selon les cultures, viendrait s’incarner dans notre monde par dégradation. Il aurait pris la forme de tout ce qui nous entoure. En gravure, pour faire émerger la ligne, on creuse autour pour avoir le blanc, plus on creuse, plus la ligne pourra être dense. C’est un peu la parole de Brecht : il faut, quand on évoque la puissance d’un fleuve, penser à la puissance des rives qui l’enserrent. J’ai appris à travailler ces surfaces blanches et noires, la base de la gravure, en copiant les images du Tarot. Ce sont des images codées, construites, en haut, en bas, à l’horizontale, à la verticale, en diagonale… Beaucoup de choses se passent à la surface d’une carte de Tarot.

QUEL EST TON PROJET SUR LE MANEGE ?

Pour le plafond je voulais quelque chose qui suive le mouvement du manège lors de sa rotation. J’ai pensé à cette phrase de la Baghavad Gita qu’Oppenheimer s’est remémoré lors de la première explosion nucléaire au Nouveau-Mexique. Vishnu apparaît à Arjuna sous sa forme la plus terrible et lui dit « Maintenant je suis devenu la mort, le destructeur de mondes ». Au final je voulais quelque chose qui fasse cette effet-là mais en positif l’image d’une création. J’aimais bien l’idée de mains divines et d’univers qui se déploie, c’est ce qui m’a donné l’idée du jeu de mots pour le titre « Sweet Sixtine » .

Beaucoup de choses se passent
à la surface d’une carte de Tarot.

- Thomas Perino