La réhabilitation d’un manège de collection des années 1920 comme œuvre collective et espace d’exposition itinérant et praticable.

LE PROJET ARTISTIQUE : UN MANÈGE

Le Collectif des Fondeurs de Roue a pour vocation de fédérer des artistes, des techniciens et des acteurs de la culture autour de créations inédites pour l’espace public. Penser l’espace public, c’est penser la cohésion sociale, et donc créer, au sens large, des liens et des rapports entre les êtres et un environnement donné. Pour notre première création nous proposons la réhabilitation et la réinterprétation d’un manège de collection des années 1920 comme œuvre collective et espace d’exposition interactif et praticable.

 

 

Reprendre l’ossature d’un manège ancien implique un certain nombre de normes et de questionnements inhérent et concomitant à la création. Les partis pris entre  conservation,  rénovation ou réhabilitation ne sont pas les mêmes, et les actes qu’ils engendrent le sont d’autant moins. Notre propos s’est naturellement  construit autour de la réhabilitation. Un double questionnement a donc porté le collectif, tout au long de la création: comment penser la remise aux normes de la structure du manège sans perte de ses particularités (par exemple : le « suspendu »), tout en déployant les productions de jeunes artistes de la scène de l’art contemporain.

La première version  du manège est donc tout à fait particulière, elle lie intrinsèquement le collectif à l’objet. Les artistes ont non seulement pensé leurs pratiques par le prisme inspirant du manège mais ont également questionné et œuvré à la réhabilitation de celui-ci comme espace d’exposition itinérant et praticable pour de futurs volets possibles. Ce qui revitalise par deux fois l’idée du collectif : d’une part il y a œuvre collective et d’autre part il y a réunion de tous les savoirs faire vers une pensée commune, un objet commun.

 Le manège est un objet générique, connu, lisible qui catalyse un certain nombre d’entités préexistantes à la création d’une nouvelle forme. Ces différents « pôles » (sujet, lumière, image, son) comportent des « indispensables », ils instituent un cahier des charges précis et incompressible (le praticable, la sécurité, la solidité, le démontable…) mais permettent aussi à chacun des artistes d’explorer une nouvelle forme d’intervention.

 

 

Car les sujets, la lumière, l’habillage (frontons, plafonds et couvre-mât), l’univers sonore et les objets d’interaction (lance mickey, drapeau….) peuvent, tout en étant des pôles référentiels, et vecteurs d’une mémoire foraine, opérer un glissement formel. Autrement dit, basculer de vecteurs de mémoire à supports d’intervention. Ainsi, les artistes peuvent jouer à établir des liens, des rapports ou des réinventions et écrire individuellement et collectivement un objet hybride de notre temps. Car c’est aussi cela un manège un objet témoin d’une époque ; une œuvre hybride envisageant l’interaction de plusieurs vocabulaires de formes (science, industrie, littérature, numérique..) qui témoigne par fragment, des pratiques et des « banques d’images » relatives à une époque précise.

Investir ces entités très identifiables s’avère être un choix pour ce premier volet, nous pourrions dans un second  imaginer d’autres types d’interventions qui continueraient de transformer le principe même du manège.

Mais pour l’heure, place au premier carrousel des Fondeurs de roue avec les sujets des artistes Pierre-Alexandre Remy & Marine Class, Charles-Henry Fertin, Nicolas Giraud-Loge, Julien Laforge et Matthieu Pilaud, les frontons d’Antoine Carbonne, les plafonds et couvre-mat de Thomas Perino, les lumières de Raphaël Alexandre,  les bande-son de Blandine Brière & Morgane Doré, de Camille Le Chatelier et de Spoemi, le Pompom et le Fanion de Romain Trinquand et la machine à ticket de Marc Herblin.

Sur une proposition de Fanny Didelon.

Le manège se produira dans toute la France en 2017 et 2018.

 

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